Comment acheter des actions ? Comment ça se passe, vraiment ? Quel compte faut-il ouvrir pour démarrer ? Faut-il s’attendre à des taxes ou à des frais bancaires ? Comment se lancer en bourse quand on n’y connaît rien, ou qu’on n’a que quelques dizaines d’euros à placer ? Pour ceux qui débutent et veulent éviter les pièges les plus courants, vous trouverez ici un guide sans détour.
Comment acquérir des actions d’une entreprise : le mode d’emploi
Avant de détailler les différents comptes à ouvrir, rien ne vaut un aperçu rapide du parcours à suivre pour acheter vos premières actions. Vous allez voir, le jargon impressionne plus qu’il n’effraie dès qu’on met la main à la pâte.
Tout commence avec un compte-titres ordinaire (CTO). C’est le coffre-fort numérique qui va accueillir vos actions, obligations ou autres titres financiers. Là où votre compte courant héberge vos euros du quotidien, votre CTO héberge vos investissements.
Pour limiter les frais au maximum, DEGIRO s’impose. Compte gratuit, pas de frais de garde, frais de courtage plancher, particulièrement si vous ciblez des actions américaines (j’y reviens plus bas). Il existe d’autres supports (PEA, assurance-vie), mais le CTO reste la porte d’entrée la plus directe.
Ouvrez un compte titres gratuit chez DEGIRO
DEGIRO se distingue par ses tarifs. Le compte est gratuit et peut rester ouvert indéfiniment, sans frais cachés. Comme toujours, gardez en tête que la bourse comporte des risques de perte en capital. Ne puisez jamais dans vos économies vitales. Pour un retour d’expérience complet, consultez mon avis après deux ans d’utilisation DEGIRO.
Une fois votre compte ouvert et alimenté, le processus pour acheter une action devient limpide :
1. Connectez-vous à votre CTO
Connectez-vous à votre espace investisseur. Chaque courtier propose une interface différente, mais tous disposent d’une barre de recherche où saisir le nom ou le code de l’action recherchée. Peu importe l’habillage, le principe reste identique d’un acteur à l’autre.
2. Saisissez la valeur qui vous intéresse dans la barre de recherche :
Vous avez plusieurs options pour identifier précisément une action, voici lesquelles :
- Par nom : « Renault »
- Par code mnémonique, ou « mnemo »/« ticker » : RNO.PA (ici, Renault côté Paris ; certains titres existent sur plusieurs places boursières, choisissez selon votre devise ou votre marché préféré)
- Par code ISIN : FR0000131906. C’est le moyen le plus sûr d’éviter toute confusion, même si l’erreur reste rare.
En lisant la presse financière, vous verrez souvent mentionné le code ISIN ou le ticker d’une action. Pour valider l’information, vérifiez toujours l’ISIN sur un site spécialisé comme Exchange Zone ou Yahoo Finance.
3. Cliquez sur « acheter »
En général, la première valeur proposée correspond à ce que vous cherchez. Les autres, c’est souvent la même entreprise sur une autre Bourse (même ISIN, mais marché différent), une société homonyme ou des produits dérivés (warrants, options, obligations) réservés aux initiés. Les mentions « FRA » (Francfort), « MIL » (Milan), « XET » (Xetra, Allemagne), « EPA » (Euronext Paris/CAC40) précisent la place boursière.
Le bouton « acheter » s’affiche le plus souvent en vert avec un « A », le bouton « vendre » en rouge avec un « V ».
Il reste à choisir le type d’ordre. Personnellement, je privilégie presque toujours le cours limité. Je définis le prix maximum auquel je souhaite acheter. Si ce seuil est atteint, la commande se déclenche automatiquement, sur la journée ou la période sélectionnée (jour, semaine, mois).
Autre possibilité, acheter « au marché » : l’ordre passe au prix actuel, sans garantie sur le montant exact payé. Pour un placement de plusieurs années, une fluctuation minime à l’achat a un impact dérisoire.
Votre premier ordre est passé ! Généralement, il s’exécute en quelques secondes : vos actions apparaissent sur votre CTO, avec leur valeur actualisée et les variations du jour. Vous voilà actionnaire, officiellement propriétaire d’un morceau de Renault, ou de toute autre société cotée. Pas besoin d’un costume trois pièces pour se sentir capitaliste.
Les trois supports principaux pour acheter des actions
Pour investir, il faut d’abord ouvrir un compte chez un courtier en valeurs mobilières. Les grandes banques proposent le service, mais attention aux frais : la facture grimpe vite dans une enseigne « classique ».
Il existe plusieurs types de comptes, mais trois supports suffisent à couvrir l’immense majorité des besoins. Voici un panorama rapide, avec les trois courtiers agréés par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) que je conseille.
Le compte-titres ordinaire (CTO)
Le CTO, c’est la simplicité même. Ce compte conserve vos actions, peu importe leur origine géographique. Dépôt minimum ? Aucun chez DEGIRO. Pour débuter, 100€ suffisent largement, certains démarrent même avec moins. Achetez, par exemple, une action Orange à 9€ pour tester le mécanisme.
À noter :
Pensez à alimenter votre CTO. Si vous êtes chez Revolut, la plateforme permet d’ouvrir un compte de trading depuis son appli et d’acheter actions et cryptos en quelques clics. Pratique pour diversifier.
Les gains réalisés sur CTO (plus-values) sont soumis à 30% de taxation. Par exemple, un achat Renault à 20€, revente à 29€ : 9€ de gain, dont 3€ d’impôt. La déclaration se fait l’année où la vente génère un profit. Tant que vous ne vendez pas, pas de taxe sur la plus-value latente, même si la valeur explose en portefeuille.
Le PEA
Avec le Plan d’Épargne en Actions (PEA), gardez votre compte ouvert au moins cinq ans et les plus-values échappent à l’impôt. Les prélèvements sociaux (17,2%) restent, mais c’est nettement plus avantageux que les 30% du CTO.
Le PEA permet d’acheter, vendre, alimenter à volonté, à condition de ne pas effectuer de retrait avant cinq ans, sous peine de tout clôturer et de perdre l’avantage fiscal.
Limite principale : seules les actions françaises et européennes sont accessibles en direct. Tesla ou Apple, c’est non… sauf via l’achat d’ETF (fonds qui répliquent un indice). Exemple concret : un ETF Nasdaq (géré par une banque française) sur votre PEA vous expose à la tech américaine, même si vous ne pouvez pas acheter les titres US en direct.
Boursorama s’avère idéal pour ouvrir un PEA. Zéro frais de garde, et chaque ordre coûte seulement 0,5% avec un minimum de 1,99€ (offre découverte).
Précision : l’ouverture d’un PEA chez Boursorama nécessite aussi la création d’un compte courant (gratuit), sur lequel vous virez vos fonds avant de les transférer vers le PEA.
Assurance-vie
Dernier support : l’assurance-vie, adaptée à ceux qui voient loin et veulent mixer actions, obligations, fonds diversifiés. Si vous souhaitez investir sur une dizaine d’années ou plus, elle reste intéressante (après huit ans, la fiscalité s’allège). Cela dit, pour vos premiers pas en bourse, ce n’est sans doute pas la priorité, mais gardez l’option en tête si vous souhaitez creuser la question.
Pour les détails, j’ai publié un article dédié à l’assurance-vie, si ça vous intrigue.
Cinq erreurs à éviter quand on achète ses premières actions
Avant d’aller plus loin, voici les cinq faux pas que je vois le plus souvent chez les débutants, et que j’ai moi-même commis. Autant profiter de l’expérience des autres.
1. Se laisser griser et acheter tout ce qui bouge
Entre les comptes Twitter, Youtube ou Reddit qui s’enflamment pour la dernière pépite et la presse boursière qui s’emballe, il est tentant de foncer tête baissée. Résistez à l’appel du buzz. Ne cédez jamais à l’achat impulsif. Scrutez la santé financière de l’entreprise : dette, liquidités, rentabilité, perspectives… Un titre qui vient de bondir n’est pas forcément une bonne opportunité, parfois, la correction arrive sans prévenir. Attendez, observez, prenez un petit ticket pour voir l’évolution, mais évitez d’y mettre tout votre capital d’un coup.
Pour aller plus loin, la chaîne Youtube ZoneBourse (Xavier Delmas) vulgarise la bourse avec beaucoup de pédagogie et de recul. Une ressource précieuse en français.
2. Négliger la durée de placement
On lit parfois : « Si vous aviez acheté Amazon pour 1000€ en 2003, vous seriez millionnaire aujourd’hui ». Facile à dire après coup. Mais auriez-vous eu la patience d’attendre dix ans sans rien toucher, alors que le titre multipliait déjà sa valeur ? Peu probable. La plupart encaissent bien avant le sommet. Pour tenir sur la durée, fixez à l’avance votre horizon : « Je garde ces actions cinq ans, quoi qu’il arrive. » Cela protège des ventes précipitées lors des baisses, ou de la tentation de vendre trop tôt.
3. Vendre en plein krach
Le plus dur en bourse, c’est de conserver ses positions malgré la tempête. Beaucoup paniquent à la première grosse baisse et vendent en perte, pensant racheter encore moins cher ensuite. Mauvaise idée.
Impossible de prédire le marché
Personne ne sait si le marché va rebondir ou continuer de plonger. J’ai moi-même vendu au pire moment lors du krach 2020, persuadé que la chute allait se prolonger. Résultat : le rebond est arrivé sans prévenir, et j’ai raté une grosse remontée. Depuis, j’ai compris qu’il vaut mieux tenir bon si votre stratégie est de long terme. Facile à dire, mais à vivre, c’est une autre histoire.
4. Négliger la gestion du cash
Deux règles s’imposent en bourse :
- Ayez toujours un peu de liquidités de côté !
- N’investissez que ce que vous pouvez perdre.
En clair : gardez de quoi vivre six mois sur un livret A, et investissez l’excédent. Ne mettez jamais en bourse l’argent destiné à vos dépenses courantes, au risque de devoir tout liquider en urgence à la moindre baisse.
5. Sous-estimer l’impact des frais de courtage
À chaque achat ou vente, votre courtier prélève des frais. Et la note peut varier du simple au triple selon l’établissement. Restez sur les plateformes évoquées plus haut ou comparez sérieusement avant d’ouvrir un compte. À long terme, ces frais font la différence.
Ouvrir la porte de la bourse, pas à pas
Vous voilà armé pour vos premiers pas sur les marchés financiers. Avancez à votre rythme, investissez de petites sommes pour vous rôder, et profitez des ressources gratuites en ligne pour progresser. Petit à petit, vous bâtirez un patrimoine solide, capable d’amortir les coups durs ou de financer des projets plus ambitieux. Qui sait, un jour, peut-être, c’est vous qui partirez en road trip au volant d’une voiture de rêve, grâce à vos investissements.
N’hésitez pas à partager votre expérience ou vos astuces en commentaire. Ce sujet technique mérite d’être démystifié, et chacun gagne à apprendre des réussites comme des erreurs des autres.
Bonne route sur les marchés, et que vos investissements portent leurs fruits.
Marc





