Le laiton mêlé s’échange autour de 5 000 euros la tonne mi-2026 chez les recycleurs français, soit environ 5 euros le kilo rendu en agence pour de petites quantités. Ce prix de rachat masque une réalité plus fragmentée : selon la nuance d’alliage, la forme des pièces et la capacité du vendeur à documenter l’origine de sa matière, l’écart peut atteindre plusieurs centaines d’euros par tonne.
Le cours du laiton reste indexé sur ceux du cuivre et du zinc au London Metal Exchange, mais la négociation locale dépend de critères que les grilles tarifaires standard ne reflètent pas.
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Cours du laiton au kilo en 2026 : ce que les grilles de rachat ne disent pas
Les tarifs affichés par les ferrailleurs regroupent généralement le laiton sous une seule ligne, « laiton mêlé », sans distinction de composition. Un robinet de salle de bain en Ms58 (58 % de cuivre, 42 % de zinc) et une douille en Ms63 (63 % de cuivre) n’ont pas la même valeur intrinsèque.
La teneur en cuivre fait la différence : plus elle est élevée, plus le lot se rapproche du cours du cuivre pur, qui tourne autour de 9 000 à 9 500 euros la tonne pour du cuivre millberry selon les grilles de juin 2026.
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Les professionnels du négoce de métaux suivent séparément les cours LME du cuivre et du zinc, puis les pondèrent selon la nuance réelle de l’alliage. Un lot identifié Ms63 peut justifier un prix de rachat sensiblement supérieur à un lot Ms58, parce que la part de cuivre récupérable est plus importante. Les particuliers et petits artisans qui apportent du laiton « en vrac » se privent de cette marge de négociation.

Tri par nuance d’alliage et forme : la clé pour négocier une prime de prix sur le laiton
Le tri fin par nuance d’alliage constitue le levier le plus direct pour obtenir un meilleur prix au kilo. Séparer la robinetterie (souvent Ms58, avec parfois du plomb dans les anciens modèles) des douilles et raccords (fréquemment Ms63 ou au-dessus) permet au recycleur de valoriser chaque lot sans coût de tri supplémentaire. Ce travail en amont, réalisé par le vendeur, se traduit par une prime à la reprise.
La forme des pièces joue aussi. Les pièces massives (vannes, corps de robinets, barres) sont plus faciles à fondre et génèrent moins de pertes que les copeaux d’usinage ou les fines. Un lot de copeaux de laiton, même d’une nuance noble, subit une décote à cause du taux d’oxydation et des impuretés accumulées pendant l’usinage.
- Pièces massives Ms63 : le lot le mieux valorisé, car la teneur en cuivre est élevée et la perte au feu minimale lors de la refonte
- Robinetterie ancienne Ms58 : décote possible si présence de plomb ou de raccords soudés en acier, à séparer avant la vente
- Copeaux et tournures : prix au kilo inférieur de plusieurs dizaines de centimes, voire davantage, en raison de l’oxydation et de la contamination par des huiles de coupe
- Laiton mêlé non trié : prix plancher des grilles affichées, sans possibilité de négociation
Documenter le taux de matière recyclée : un argument de négociation émergent
Les réglementations européennes sur le contenu recyclé poussent les fonderies à s’approvisionner en laiton dont la traçabilité est documentée. Un vendeur capable de fournir un bordereau précisant la nuance, l’origine (chutes neuves d’usinage, déconstruction de bâtiment, collecte de plomberie) et le taux de matière recyclée se positionne sur un segment de marché en structuration.
Cette prime liée au taux de matière recyclée documenté reste encore marginale pour les petits volumes. En revanche, pour les artisans, plombiers ou entreprises de déconstruction qui accumulent plusieurs centaines de kilos par mois, la capacité à certifier l’origine et la composition du lot commence à peser dans les contrats avec les fonderies et les négociants spécialisés.
Stocks LME et PMI chinois : les signaux qui orientent le prix du laiton recyclé
Le prix de rachat du laiton au kilo ne dépend pas uniquement de l’offre locale. Les stocks LME de cuivre et de zinc servent d’indicateur de tension physique sur le marché mondial. Lorsque ces stocks baissent simultanément, la matière disponible se raréfie, ce qui soutient les cours et, par effet de cascade, les prix de rachat du laiton recyclé.
Les indices PMI manufacturiers chinois complètent ce tableau. La Chine reste le premier consommateur mondial de métaux de base. Un PMI élevé, signe d’une activité industrielle soutenue, tend à maintenir la demande en cuivre et en zinc, donc à stabiliser ou tirer vers le haut les prix du laiton. À l’inverse, un ralentissement industriel chinois se répercute en quelques semaines sur les grilles des ferrailleurs européens.
Pour un vendeur de laiton recyclé, surveiller ces deux indicateurs permet de choisir le moment de la vente. Attendre une semaine ou deux lorsque les stocks LME sont en baisse marquée peut représenter un gain non négligeable sur un lot de plusieurs centaines de kilos.

Recyclage du laiton : coûts de collecte et logistique à intégrer dans le calcul
Le prix affiché au kilo s’entend généralement « rendu en agence ». Pour de petites quantités (moins de 200 kg), le transport reste à la charge du vendeur, ce qui grignote la marge. Certains recycleurs proposent un enlèvement gratuit à partir d’un certain tonnage, mais le seuil varie d’un prestataire à l’autre.
La localisation géographique influe aussi sur le prix de reprise. Les recycleurs proches de fonderies ou de plateformes d’export vers l’Asie proposent des tarifs légèrement plus élevés, car leurs propres coûts logistiques sont réduits. Certains vendeurs rapportent des différences de prix significatives entre deux ferrailleurs distants de moins de cinquante kilomètres.
- Comparer au moins trois grilles tarifaires locales avant de vendre, en précisant la nuance et la forme du lot
- Privilégier les recycleurs qui distinguent plusieurs catégories de laiton dans leurs tarifs plutôt qu’une seule ligne « laiton mêlé »
- Regrouper les lots pour atteindre un volume qui justifie un enlèvement ou une négociation sur le prix
Ferraille, cuivre, laiton : les écarts de prix à connaître
Le laiton se situe entre la ferraille (autour de 160 à 180 euros la tonne pour de la ferraille lourde ou mêlée) et le cuivre millberry. L’aluminium carter, à environ 1 100 euros la tonne, reste nettement en dessous du laiton. Ces écarts justifient un tri soigneux : une pièce en laiton mélangée à de la ferraille sera rachetée au prix de la ferraille, soit une perte de valeur considérable.
Le marché du laiton recyclé se professionnalise. Les vendeurs qui trient par nuance, documentent la composition de leurs lots et surveillent les indicateurs de marché obtiennent des prix de rachat supérieurs aux grilles affichées.
La différence entre un lot de « laiton mêlé » apporté en vrac et un lot trié, identifié Ms63, livré en volume suffisant, peut représenter plusieurs centaines d’euros de gain par tonne. Sur un flux régulier, ce travail de tri et de traçabilité finit par constituer un véritable poste de revenu.

