On signe l’offre de prêt, on accepte l’assurance groupe proposée par la banque pour ne pas ralentir le dossier, et quelques semaines plus tard on réalise que le tarif est bien au-dessus de ce qu’on aurait obtenu ailleurs. C’est exactement la situation que la loi Hamon visait en ouvrant un droit de changement d’assurance emprunteur sans frais pendant la première année du crédit.
Depuis, la loi Lemoine a élargi cette possibilité à tout moment, mais le mécanisme Hamon reste le socle à comprendre pour agir vite et bien.
Refus de substitution par la banque : les vrais motifs recevables
Quand on envoie une demande de changement d’assurance de prêt immobilier, la banque dispose de 10 jours ouvrés pour répondre. Ce délai court, et la réponse ne peut pas être un simple « non » sans explication.
Un refus doit obligatoirement être motivé par un défaut d’équivalence des garanties. La banque compare le nouveau contrat à sa propre grille de critères, publiée dans la fiche standardisée d’information (FSI) remise lors de la souscription du prêt. Si les garanties proposées par le nouvel assureur couvrent au moins les mêmes risques (décès, invalidité permanente totale ou partielle, incapacité temporaire de travail, perte totale et irréversible d’autonomie), elle ne peut pas s’opposer au changement.
Le piège, c’est que certaines banques invoquent des différences mineures sur les exclusions ou les franchises pour bloquer la demande. Dans ce cas, on peut s’appuyer sur les critères définis par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui servent de référentiel officiel pour évaluer l’équivalence.
Que faire si la banque ne répond pas dans les 10 jours
Le silence vaut acceptation tacite dans certains cas, mais en pratique les retours varient sur ce point. Si la banque laisse passer le délai sans réponse écrite, on recommande d’envoyer une relance en recommandé. En cas de blocage persistant, une saisine du médiateur bancaire ou un signalement auprès de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) peut débloquer la situation.
La banque qui refuse sans motif valable s’expose à une amende. Ce risque suffit généralement à accélérer le traitement du dossier.

Changer d’assurance emprunteur avec la loi Hamon : délais et procédure concrète
La loi Hamon, promulguée le 17 mars 2014, autorise la résiliation de l’assurance emprunteur sans frais ni pénalités pendant les 12 premiers mois suivant la signature de l’offre de prêt. On dispose donc d’une fenêtre d’un an pour trouver un contrat plus adapté.
Le préavis de 15 jours
Pour que le changement prenne effet avant la date anniversaire du contrat, la demande de résiliation doit parvenir à la banque au moins 15 jours avant cette date. En pratique, on anticipe davantage : entre la recherche d’un nouvel assureur, le remplissage du questionnaire de santé et l’émission des conditions particulières, il faut compter plusieurs semaines.
Voici les étapes dans l’ordre :
- Récupérer la fiche standardisée d’information (FSI) remise par la banque au moment du prêt, qui liste les garanties minimales exigées et les critères d’équivalence retenus.
- Solliciter des devis auprès d’assureurs externes (délégation d’assurance) en vérifiant que chaque offre couvre au minimum les garanties de la FSI.
- Envoyer la demande de substitution à la banque avec le nouveau contrat, par courrier recommandé, en respectant le préavis de 15 jours.
- Attendre la réponse écrite de la banque sous 10 jours ouvrés, puis signer l’avenant au prêt si la substitution est acceptée.
L’ancien contrat ne doit être résilié qu’après confirmation de l’acceptation du nouveau. Toute interruption de couverture entre les deux contrats est à éviter absolument, car elle expose l’emprunteur à un risque non couvert.
Loi Hamon et loi Lemoine : ce qui change concrètement pour la résiliation
La loi Hamon a posé le principe du changement en première année. L’amendement Bourquin a ensuite permis la résiliation chaque année à la date anniversaire. Depuis le 1er septembre 2022, la loi Lemoine supprime toute contrainte de calendrier : on peut changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, sans attendre une date précise.
Pour les emprunteurs qui signent un crédit aujourd’hui, c’est la loi Lemoine qui s’applique directement. La loi Hamon reste le texte fondateur, et ses principes (gratuité du changement, obligation de motivation des refus, équivalence des garanties) sont toujours en vigueur dans le cadre Lemoine.
Faut-il encore parler de loi Hamon en 2026
Sur le terrain, beaucoup de courtiers et de banques continuent d’utiliser le terme « loi Hamon » pour désigner le droit au changement d’assurance emprunteur. C’est un raccourci qui reste compréhensible, mais techniquement, le cadre applicable aujourd’hui est celui de la loi Lemoine, plus souple.
La distinction a une conséquence pratique : avec Lemoine, on n’a plus besoin de surveiller la date anniversaire ni de respecter le préavis de 15 jours imposé par la loi Hamon. La résiliation peut être envoyée n’importe quand, et la banque a toujours 10 jours ouvrés pour répondre.

Coût réel du changement d’assurance emprunteur : ce qui est gratuit et ce qui ne l’est pas
La loi est claire : la banque ne peut facturer aucun frais pour traiter une demande de substitution. Pas de frais de dossier, pas de pénalités, pas de frais d’avenant. Ce point est souvent mis en avant, et il est exact.
Ce qu’on mentionne moins, c’est que le nouveau contrat d’assurance peut lui-même engendrer des coûts annexes. Le questionnaire de santé, par exemple, peut conduire à des examens médicaux complémentaires si le profil de l’emprunteur le justifie. Ces examens sont parfois pris en charge par l’assureur, parfois non.
Tarif du nouveau contrat : sur quoi comparer
Le critère de comparaison le plus fiable est le coût total de l’assurance sur la durée restante du prêt, exprimé en euros. Le taux annuel effectif de l’assurance (TAEA) permet aussi de comparer, mais il peut masquer des différences dans le mode de calcul (sur capital initial ou sur capital restant dû).
Quelques points à vérifier avant de signer :
- Le mode de calcul des cotisations : sur le capital initial (cotisation fixe) ou sur le capital restant dû (cotisation dégressive). Le choix influence le coût total selon la durée restante du prêt.
- Les exclusions de garantie, notamment sur les pathologies préexistantes, les sports à risque ou les déplacements professionnels à l’étranger.
- Les délais de carence et de franchise, qui déterminent à partir de quand l’assureur commence réellement à indemniser.
Un contrat moins cher avec des exclusions larges peut se révéler plus coûteux en cas de sinistre qu’un contrat un peu plus onéreux mais mieux calibré.
Équivalence des garanties : le critère qui bloque le plus de dossiers
La fiche standardisée d’information remise par la banque liste précisément les garanties exigées pour le prêt. On y trouve le détail des couvertures obligatoires (décès, PTIA, ITT, IPT, IPP selon les cas) et les critères retenus par la banque pour juger de l’équivalence.
Le CCSF a établi un référentiel de critères d’équivalence portant sur des éléments concrets : la définition de l’incapacité (professionnelle ou fonctionnelle), la durée d’indemnisation, le niveau de prise en charge, les limites d’âge.
Le problème fréquent : on choisit un contrat externe attractif sur le prix, mais qui définit l’incapacité de travail de manière plus restrictive que le contrat groupe. La banque refuse, à raison. Pour éviter ce retour en arrière, on compare ligne par ligne les critères de la FSI avec les conditions générales du nouveau contrat avant d’envoyer la demande.
Garanties souvent sous-estimées
La garantie perte d’emploi reste facultative et n’entre pas dans les critères d’équivalence obligatoires. En revanche, la couverture IPP (invalidité permanente partielle) est parfois exigée par la banque pour certains profils. Ne pas la retrouver dans le contrat de remplacement suffit à justifier un refus.
De même, la quotité assurée (part du capital couvert par emprunteur en cas de co-emprunt) doit être au moins égale à celle du contrat d’origine. Passer de 100 % à 50 % par tête pour réduire la prime expose à un refus immédiat.

Le changement d’assurance emprunteur, que ce soit sous le régime de la loi Hamon ou celui de la loi Lemoine, repose sur un principe simple : la banque ne peut pas vous retenir, à condition que le nouveau contrat couvre les mêmes risques. La démarche demande de la rigueur sur la comparaison des garanties et du sérieux dans les délais, mais l’économie potentielle sur la durée totale du prêt justifie largement l’effort.
Pour savoir combien vous pourriez économiser sur votre assurance de prêt immobilier, remplissez le formulaire de demande de devis gratuit ci-dessous. Un professionnel vous rappellera pour analyser votre situation et vous proposer les meilleures options adaptées à votre contrat.

